TENSEGRITE

Appliquer au corps humain un concept structural novateur : minimum d'effort pour un maximum d'efficacité.


Richard Buckminster Fuller (1895-1983) est architecte, designer, inventeur et auteur américain. Il a mis au point de nombreuses inventions, principalement dans le domaine de la conception architecturale.

C’est au cours de l’été 1948, qu’il a inventé le projet qui le rendra célèbre.

Le premier modèle du dôme géodésique pouvant supporter son propre poids sans limites pratiques. Un dôme géodésique a une forme sphérique ou semi-sphérique. Sa structure est un assemblage de barres verticales, horizontales et diagonales formant un système triangulé aussi appelé treillis. La forme triangulée permet une meilleure répartition des charges et une déformation modérée.

Richard Buckmister Fuller nommera ces structures avec le néologisme « tensegrity », contraction de « tensional integrity ».

Buckminster Fuller poussera plus loin le concept en définissant l’univers, du système solaire à l’atome, comme tenségrité.

​​​​​​​Les premières structures de tenségrité à barres et à câbles (“stick and string”) furent l’oeuvre de Kenneth Snelson, sculpteur et élève de R.B. Fuller. Snelson cherche progressivement à s’affranchir de la gravité comme élément stabilisateur et à rendre les objets autonomes. Il y parvient par

l’introduction d’autocontrainte; la traction centripète de câbles dirige ainsi les forces stabilisatrices vers l’intérieur.


La tenségrité est omniprésente dans la nature, y compris dans le corps humain. Le concept intéresse aujourd’hui particulièrement les chercheurs en biologie qui pensent que les cytosquelettes des cellules animales seraient conçus avec de telles structures : les microtubules sont au centre d'un réseau de contraintes compressives exercées par des filaments. Il semble que l’on puisse appliquer ce modèle de construction à toutes les parties du corps, de l’organisation microscopique à l’organisation macroscopique.


La tenségrité, principe structural novateur, a fait l’objet d’applications dans les domaines de la biomécanique et de la thérapeutique et donc évidemment en ostéopathie. 


Présence d’éléments disjoints en compression au sein d’une tension continue, autoéquilibre stable et indépendance vis-à-vis de la gravité caractérisent les systèmes detenségrité. Les notions d’autocontrainte et de comportement non-linéaire sont essentielles.


  • A l’échelle microscopique, le rapport entre la structure (matrice extracellulaire,intégrines et cytosquelette) et la fonction (métabolisme, morphogenèse) repose sur latenségrité. L’équilibre des forces contrôle et régule la vie cellulaire. Le rôle de la matriceextracellulaire (fascias) est central dans les processus physiologiques et pathologiques.
  • A l’échelle macroscopique, plusieurs structures anatomiques (sacrum, épaule, rachis etsystème crânio-sacré) forment des systèmes de tenségrité. La notion de hiérarchie dessystèmes est soulignée, les fascias constituant un méta-niveau intégrateur. L’hypothèse d’un fonctionnement du corps entier selon la tenségrité est abordée.