REBOUTEMENT

Libérer les tissus en utilisant un ensemble de techniques manuelles utilisées depuis des temps très anciens.


LE REBOUTEUX


"CELUI QUI REMET LES OS BOUT A BOUT"


​​​​​​​Dans les écrits d’Hippocrate et mêmes d’autres anciens, nous trouvons déjà des descriptions de ces séances de manipulations. La technique de reboutement est le résultat du long héritage de savoir faire, d’expériences et de tournemains, des mèges, des bailleuls, des renoueurs, des épiciers, des coiffeurs, des barbiers, des toucheurs et frotteurs de martinique, qui depuis la nuit des temps se passent et perpétuent l’héritage de ce savoir ancestral.
Les techniques utilisées sont diverses : reboutement, techniques réflexes, massage profond du tissu conjonctif, mobilisations thérapeutiques, technique Aunisienne.
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"LA MAIN SAIT ET CONNAÎT BEAUCOUP DE CHOSES, ENCORE IGNOREES DE L'ESPRIT"


Aujourd’hui, les praticiens ont un regard dubitatif sur cette pratique qui vient du fond des âges, parfois même considérant les rebouteux comme des charlatans. Or ce regard s’appuie sur le cartésianisme, alors que ces premiers thérapeutes empiriques sont les pairs des kinésithérapeutes, chirurgiens et ostéopathes. Descartes lui-même abhorrait les médecins et les pharmaciens qu’il a repoussés jusqu’au jour de sa mort.

Après avoir distingué ce qui relève de la médecine manuelle de ce qui relève du folklore, on peut mettre en place des techniques qui sont un formidable adjuvent à notre pratique quotidienne de kinésithérapeutes, ostéopathes, chiropracteurs, étiopathes...

Ces techniques éprouvées durant tant de siècles sont remarquablement efficaces sur toutes les pathologies rencontrées au quotidien dans nos cabinets.


LA TECHNIQUE DE REBOUTEMENT SPECIFIQUE


Le praticien exerce, tout d’abord, une pression légère au premier passage puis l’augmente lors des passages suivants. Le thérapeute éprouve alors une sensation de blocage et de « nodule » quand il arrive sur le point de tension. Ce dernier est ressenti comme une « masse » congestive. Le mouvement de glissement est poursuivi doucement sur le point ou la zone incriminés avant d’être dépassés.

Au cours des passages suivants, alors que la pression augmente, la sensation congestive diminue progressivement. Après les différents passages la zone congestive n’est plus douloureuse.

Cette technique produit une ischémie suivie d’une hyperthermie après le passage des doigts. Elle est nettement différente du massage profond de Cyriax qui est appliqué perpendiculairement à la longueur des fibres musculaires.


Les techniques manuelles vont intéresser les membres supérieurs et inférieurs, le bassin et la colonne vertébrale, le crâne et les viscères. Il n’y a pas de notion de trust, tout le travail va constituer à mobiliser les tissus mous, à jouer sur les points réflexes comme les trigger points, à appliquer des techniques myo-tendineuses et ligamentaires.


Le thérapeute va utiliser indifféremment le pouce, le poing, les coudes, les doigts juxtaposés, la tête des métacarpiens. D’autres manoeuvres vont crocheter les tendons pour les faire vibrer.

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LES APPELLATIONS


Les appellations « fleuries » sont très imagées :


  • « déparasitages des ligaments de la hanche et du bassin »
  • « broyage des rhomboïdes »
  • « parachute du glutéal major ou du deltoïde »
  • « crochetage du point reset »
  • « arracher le poireau »
  • « remonter l’estomac ou les nerfs »


Pour avoir un langage plus conforme à notre culture médicale :


  • les techniques de déparasitage ligamentaire correspondent à une réinformation proprioceptive des ligaments
  • les broyages musculaires sont comparables aux massages profonds
  • les crochetages tendineux correspondent à de la reprogrammation conjonctive
  • remonter les organes viscéraux est l’ancienne formulation pour expliquer les libérations des tensions du mésentère, des fascias de Toldt...
  • remonter les nerfs fait penser à la manipulation des nerfs périphériques