OSTEOPATHIE

​​​​​​​Ajuster avec précision les rouages de la subtile mécanique humaine.

Pour l'ostéopathie, l'homme est un tout.


C'est pourquoi il suffit d'un blocage infime pour générer des réactions en série - contractures tout au long des chaînes musculaires, compression et irritation des nerfs occasionnant une inflammation, entrave à la circulation sanguine et lymphatique - qui perturbe les fonctions musculaires, articulaires, vasculaires, organiques… et se révèle souvent responsable de douleurs.

Cette approche globale qui singularise l'ostéopathie permet de comprendre pourquoi une simple entorse de cheville peut être responsable de migraines (on parle de chaîne montante) et à l'inverse qu'un déséquilibre des contacts dentaires puisse entraîner une sciatique invalidante (chaîne descendante).


L'ostéopathe observe donc plusieurs aspects de la physiopathologie.


Après une anamnèse rigoureuse, il évalue la posture de son patient, effectue des tests de mobilité, palpe les tissus à la recherche des tensions et barrières « anormales ».​​​​​​​

Une fois l'origine du trouble dépistée, il effectue les corrections nécessaires au retour à une posture physiologique, et à une mobilité corporelle (articulaire, viscérale, crânienne et tissulaire) normalisée.


L'ostéopathe a à sa disposition un grand éventail de techniques manuelles.

Elles sont parfois suivies de conseils d'hygiène de vie,  d'ergonomie et de diététique, voire par l'apprentissage de mouvements ou d'exercices particuliers.


Il faut garder à l'esprit que l'approche thérapeutique se veut globale et qu'il faut souvent envisager plusieurs facteurs correctifs.

L'ostéopathie est une médecine manuelle préventive autant que curative. Elle s'attache à récupérer la mobilité au sein des structures corporelles, relâcher les tensions et libérer le potentiel d'auto-correction et d'auto-guérison propre au corps en bonne santé.

UN PEU D'HISTOIRE

Dès l'aube des temps, l'homme a utilisé ses mains pour soulager, soigner, guérir. C'est ainsi que l'une des premières références de la médecine manuelle se trouve déjà en Egypte ancienne, dans une fresque de la tombe du Pharaon Ramsès II (1300 av. J.-C.).

De célèbres médecins de l'Antiquité tels Hippocrate améliorèrent ensuite la pratique des manipulations.

Pour des raisons obscures, le Moyen-Age vit disparaître ces pratiques de l'arsenal thérapeutique officiel, pratiques qui avaient pourtant fait leurs preuves à travers les siècles.
Cette "médecine par les mains" survivra malgré tout en Europe clandestinement, de manière empirique, par transmission orale, de maître à élève, avant de ressurgir enrichie à la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis.
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Le véritable fondateur de l'ostéopathie est le Dr Andrew Taylor Still, né en 1828 à Jonesville, en Virginie.


Les échecs de la médecine de l'époque l'amenèrent à envisager une médecine alternative.

​​​​​​​Il améliora les manipulations grâce à sa grande connaissance de l'anatomie et de la physiologie moderne.

Il inventa, en 1874, le terme d'ostéopathie -osteon (os) et pathos (pathologie) en grec- pour baptiser sa méthode originale de traitement.

Il créa la première école d'ostéopathie en 1892.
Le Dr Still décéda en 1917.


Au début du XXe siècle, l'ostéopathie s'est enrichie de nouvelles méthodes de traitement telles que l'ostéopathie crânienne et l'ostéopathie viscérale.

Néanmoins, il faut surtout attendre les années '60 pour que l'ostéopathie commence peu à peu à être reconnue et intégrée au système de soins. Après plusieurs projets de loi qui n'aboutiront pas, la profession est légalement reconnue en 2002.

LES PRINCIPES

L'UNITE DU CORPS


Le corps est un tout, chaque structure est reliée aux autres par de multiples éléments de liaison, anatomiques ou fonctionnels. Les os, les muscles, les fascias, les viscères, les vaisseaux et les nerfs interagissent en permanence. 

Dès qu'une structure du corps présente une perturbation dans son fonctionnement, cela retentit sur le fonctionnement de structures situées à distance par le biais de ces éléments de liaison.


LA RELATION STRUCTURE-FONCTION


Les structures du corps et les fonctions qu'elles doivent remplir sont interdépendantes. Dès qu'une structure qui compose le corps humain commence à perdre de la mobilité, la fonction qu'elle est censée remplir est perturbée, diminuée, entraînant un trouble fonctionnel.


L'AUTO-REGULATION


Le corps humain possède de puissantes capacités d'auto-guérison. Il détient en lui tous les moyens nécessaires pour éliminer ou endiguer les maladies. 
L'ostéopathie redonne au corps ses capacités d'auto-régulation en supprimant les barrages structurels qui font obstacles à la libre régulation de l'influx nerveux et du sang.


LA LOI DE L'ARTERE


Les cellules doivent pouvoir se régénérer et se débarrasser de leurs déchets. Pour cela, il faut que le sang, la lymphe, en un mot, tous les liquides du corps, circulent librement. C'est le mouvement qui facilite l'acheminement des liquides dans les tissus, favorisant ainsi la régénération des cellules.

LA DYSFONCTION OSTEOPATHIQUE

La dysfonction ostéopathique est une réaction mécanique et physiologique d'une structure du corps en réponse à une agression: trouble de la posture, traumatisme, efforts répétés, maladie, stress psycho-émotionnel ou facteurs environnementaux (mauvaise alimentation, mauvaise hygiène de vie, pollution…). Elle s'accompagne inexorablement d'une restriction de mobilité de la structure concernée. 

Par le lien des corrélations tissulaires, cette restriction de mobilité retentira à distance sur une ou plusieurs structures. Le corps tentera alors de s'adapter au mieux par le biais d'une rééquilibration de sa structure (réaction mécanique au niveau des articulations) et/ou d'une modification de ses fonctions (réaction physiologique au niveau des organes). 

Lorsque ces mécanismes de régulation sont dépassés, le corps décompense peu à peu, le trouble fonctionnel perdure. Le trouble fonctionnel peut être alors à l'origine d'une maladie qui se déclarera ultérieurement. L'action de l'ostéopathe est par conséquence curative et également préventive. 

La contracture musculaire persistante et la rétraction du fascia déclencheront un ensemble de signes cliniques parfois fort éloignés de la lésion de départ. 

Pour avoir une action valable sur votre problème, l'ostéopathe, par sa vision globale de la personne, ne s'en tiendra pas à un traitement local mais il devra rechercher et traiter la cause lésionnelle.

LA SEANCE

C'est la grande originalité du concept ostéopathique que de considérer l'organisme dans son ensemble. 

L'examen ostéopathique est une étape fondamentale dans l'abord de nos patients.
Après un interrogatoire complet, une observation minutieuse de la posture et une étude approfondie des examens radiologiques et biologiques du patient, l'ostéopathe débute l'examen clinique. Il étudie avec précision les différentes mobilités du corps au sein des os, muscles, tendons, ou viscères. 
Grâce à des tests palpatoires spécifiques, l'ostéopathe détermine alors les zones du corps qui présentent des restrictions de mobilité susceptibles d'altérer le fonctionnement tissulaire et de créer secondairement des maladies. Les mains entraînées de l'ostéopathe recherchent, dépistent et réharmonisent l'ensemble des structures restreintes dans leur mobilité.

Le traitement ostéopathique fait logiquement suite à l'examen.
L'ostéopathe choisit la technique la mieux adaptée et la plus confortable pour chaque patient en fonction de la clinique, de son âge et de sa morphologie.
Composé essentiellement de techniques manuelles, le traitement aura donc pour but de rééquilibrer les désordres biomécaniques suivant le diagnostic posé au préalable. S'en suivra un nouvel examen d'évaluation en fin de traitement, afin d'apprécier l'effet de celui-ci.


Après la séance


Le principe du soin ostéopathique est de respecter la capacité de votre corps à retrouver son équilibre par lui-même.

Lors d'une séance, l'ostéopathe lève les blocages qui sont trop importants pour que les forces d'auto-régulation du corps suffisent à les équilibrer.

Après le traitement, le corps doit faire son travail de régulation et de ce fait, les résultats d'une séance se constatent après quelques jours ou quelques semaines. Les séances d'ostéopathie sont donc habituellement espacées pour laisser le temps à l'organisme du patient de s'adapter à ses nouveaux repères afin de retrouver son équilibre.

Les temps de réaction:


  • Les 2 ou 3 premiers jours: Les zones tendues se relâchent et peuvent donner des sensations de courbatures. Il peut parfois y avoir une exagération passagère des troubles fonctionnels (ex.: augmentation d'une douleur de dos ou d'un reflux gastrique).Ces réactions sont normales à partir du moment où elles sont d'une durée inférieure à 48h. 
  • Le 4ème ou 5ème jour: Le corps trouve son équilibre à la suite de la séance, les améliorations apportées peuvent être constatées à partir de ce moment-là. C'est le bon moment pour informer votre ostéopathe des résultats de la séance s'il vous l'a demandé.
  • Les 2 semaines suivantes: Le corps va continuer à modifier son équilibre jusqu'à se stabiliser dans un état qui sera le vrai résultat de la séance. Si l'amélioration pour votre trouble n'a été que passagère, ou est incomplète, c'est le bon moment pour reprendre rendez-vous. En effet, quand le corps n'est pas encore bien stabilisé et équilibré, il a tendance à revenir à son état original au bout de 5 à 6 semaines après la séance. Cela explique que votre ostéopathe vous conseillera de faire 2 à 3 séances même si votre douleur ou gêne a disparue dès la première séance, afin de s'assurer que le corps est parfaitement stabilisé.Dans ces conditions, vous pouvez vous attendre à garder un bénéfice durable de vos soins ostéopathiques.


A savoir:


Lors du traitement d'un problème aigu, il faut entre 1 et 3 séances pour redonner un équilibre au corps. On arrive souvent à soulager le problème lors des deux premières séances, mais il est nécessaire de bien équilibrer le corps afin qu'il n'y ait pas de récidive.

Pour un problème chronique, le nombre de séances dépend des réactions du corps du patient. Votre ostéopathe vous proposera une stratégie thérapeutique et un plan d'action. Si votre problème est ancien ou complexe, l'ostéopathe peut avoir besoin de plus de séances. Aussi, est-il important de ne pas attendre trop longtemps avant de consulter.

L'écart entre deux séances consécutives peut aller de quelques jours à un mois en fonction du travail effectué, il est en moyenne de deux semaines.

Dans une optique préventive, votre ostéopathe vous proposera de vous revoir entre 1 et 3 fois par an afin de maintenir votre état.

LES TECHNIQUES

L'ostéopathe dispose d'un large choix de techniques lui permettant de s'adapter à de très nombreuses situations cliniques. 
L'extrême douceur de certaines techniques fait qu'il n'y a presque pas de contre-indications à la pratique de l'ostéopathie.
Les techniques en ostéopathie peuvent être divisées en trois grands groupes: structurelles, crâniennes et viscérales.

OSTEOPATHIE STRUCTURELLE

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La plus connue, c'est celle de la lésion vertébrale, celle de la perte de mobilité entre deux vertèbres. Elle fabrique des problèmes aigus (sciatique par exemple) ou des maladies chroniques. Le système ostéo-articulaire constitue la charpente du corps, il comprend les membres, le bassin et la colonne vertébrale. 
Les vertèbres forment le conduit protecteur de la moelle (qui est le prolongement du cerveau) et d'où partent les nerfs moteurs, sensitifs et sympathiques. Tout dérangement à la longue entraîne infiltrations, inflammations et fibroses.  


Le blocage vertébral associé au spasme musculaire entraîne une compression d'un nerf, d'un ganglion, l'apport de sang diminue (loi de l'artère), la nutrition cellulaire est ralentie, les déchets stagnent et les maux chroniques apparaissent (aigreurs d'estomac, crises d'angoisse, migraines, lumbagos...).


La manipulation restaure la mobilité, fait cesser le spasme musculaire et normalise les échanges cellulaires.


La normalisation des articulations périphériques et du bassin est également d'une importance capitale car leur blocage retentira sur la posture et l'équilibre dynamique du corps. ​​​​​​​

OSTEOPATHIE CRÂNIENNE​​​​​​​

L'ostéopathe travaillant dans le champ crânien, va utiliser sa palpation fine afin de percevoir les conformations qu'auraient pu prendre les tissus du crâne: peau, tissus sous cutanés, plasticité de l'os, élasticité des tissus.


Sa connaissance très fine des détails anatomiques de cet ensemble lui permet, à travers une perception superficielle, d'interpréter ce qui pourrait se passer en profondeur.


Elle n'est pas qu'un travail sur les os du crâne ou leur mouvement, elle vise à restaurer un équilibre de tensions harmonieux entre toutes des structures osseuses, méningées, musculaires, faciales.


Elle est très souvent utilisée pour les nourrissons et les bébés qui ont subi des contraintes importantes lors de l'accouchement.

OSTEOPATHIE VISCERALE​​​​​​​

La bonne fonction d'un viscère est liée à sa mobilité physiologique, à sa bonne vascularisation et à son innervation correcte.


Les viscères sont suspendus aux structures osseuses et musculaires. Un jeu passif viscéral est indispensable sinon des adhérences se créent. Tous les organes et viscères du corps sont en relation avec le diaphragme thoracique, qui est un muscle extrêmement puissant. Ils subissent tous la traction ou la poussée imprimée par le diaphragme lors de la respiration.
Ces organes sont aussi attachés par des ligaments à la colonne vertébrale, au diaphragme, entre-eux.

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La sphère viscérale est une zone de prédilection pour régler de nombreux troubles fonctionnels, problèmes de dos, de respiration…​​​​​​​

LES INDICATIONS

L'ostéopathe traite les troubles fonctionnels qui affectent l'organisme en agissant sur l'origine de ces troubles et pas seulement sur les symptômes qui en sont les conséquences.


  • Troubles musculo-squelettiques: Lombalgie, dorsalgie, cervicalgie, pubalgie, tendinites, douleurs musculaires, articulaires, ... 
  • Troubles posturaux et/ou post-traumatiques: Après une opération, un accident, une chute, préventivement en cas de gestes répétitifs, mauvaises positions, cyphose, scoliose, ... 
  • Troubles neurologiques périphériques: Douleurs et/ou troubles sensitifs par compression des différents nerfs (névralgie cervico-brachiale, intercostale, sciatique, crural, trijumeau, canal carpien, …) 
  • Troubles neurovégétatifs: Stress, anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, spasmophilie, algoneurodystrophies, ... 
  • Troubles O.R.L. et de la tête: Troubles de la mâchoire, vertiges, céphalées, migraines, bourdonnements ou sifflements d'oreilles, otites, rhinites ou sinusites chroniques, ... 
  • Troubles digestifs: Nausées, vomissements, coliques, constipations, diarrhées, ballonnements, ... 
  • Troubles respiratoires: Asthme, bronchites, toux, allergies, ... 
  • Troubles cardio-vasculaires: Jambes lourdes, oedèmes, hémorroïdes, hyper/hypotension, palpitations, ... 
  • Troubles génito-urinaires: Cystites, prostatites, ... 
  • Spécialités: Sportifs, séniors, enfants, femmes enceintes, bébés. 


Le champ d'application, s'il est vaste, n'est pas pour autant illimité, mais seul le diagnostic d'un praticien confirmé pourra poser l'indication du traitement ostéopathique ou saura vous orienter vers une pratique plus appropriée au regard de l'affection.