TAPING - STRAPPING

Mettre en place un bandage adhésif à visée stabilisatrice et/ou neuro-proprioceptive.


L'utilisation de bandages adhésifs élastiques colorés permet une autre approche dans le contrôle et l'amélioration de la douleur et de la fonction chez les patients sportifs ou non. Les bandes collantes ont les propriétés de la peau (poids, épaisseur, élasticité) et vont influencer la fonction articulaire, musculaire mais surtout circulatoire (veineuse, lymphatique) et les nocicepteurs (action neuro-proprioceptive). Différentes techniques (musculaire, ligamentaire, aponévrotique, lymphatique, neurale, de correction…) sont utilisées. Le choix des couleurs, de la direction des bandes, de leur tension est fonction des objectifs thérapeutiques. Comme pour toute technique, une formation est indispensable avant toute utilisation.


Introduction


Depuis plus de vingt ans, nous utilisons couramment des bandages adhésifs élastiques ou non (tape), tant en rhumatologie qu'en médecine du sport. Mais ces dernières années, les sportifs arborent de bien curieux bandages de différentes cou leurs et formes. On les voit partout : des Jeux olympiques de Pékin à l'Eurofoot, du Tour de France aux courts de tennis de Roland Garros et de Wimbledon. Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas d'un effet mode mais bien d'une méthode «révolutionnaire» mise au point au Japon dans les années 70 par le Dr Kenzo Kase. L'objectif principal n'est plus d'immobiliser une articulation ou restreindre un mouvement, comme nous le pratiquons classiquement, mais au contraire de favoriser et conserver le plus possible une mobilité indolore, d'améliorer la proprioception ainsi que la circulation sanguine et lymphatique. Cette nouvelle approche technique, appelée kiné siotaping, a fait l'objet de divers travaux dans divers domaines de la médecine du sport et de la rééducation orthopédique, neurologique et pédiatrique. Ces diverses études montrent une amélioration significative de la douleur, de la mobilité et de la fonction.


Kinésiotaping


En 1973, le Dr Kenzo Kase (chiropracteur et kinésiologue japonais) met au point une nouvelle approche de tape basée sur certains principes de la kinésiologie (équilibre du système énergétique du muscle et non de sa force). Il développe de nouveaux matériaux élastiques (Kinésiotex) dont les propriétés sont calquées sur celles de la peau (élasticité, poids, épaisseur...) et nomme sa technique Kinésiotaping ou encore tape K-Active. Bon nombre de fabricants ont également essayé de mettre au point des matériaux semblables (easy tape, Cure Tape, etc.). Actuellement venant d'Allemagne, sont apparus un nouveau matériel et une approche basés sur les mêmes principes : la technique Leukotape. L'idée principale de cette technique est que la peau (plus grand organe sensoriel du corps) est l'élément capital dans tous les processus : information, douleur, mobilité. Par le biais de la peau, on exerce notamment une influence sur la fonction articulaire et musculaire mais surtout circulatoire, lymphatique et les nocicepteurs. En effet, un tape «classique» exerce plutôt une force compressive alors que ces tapes «actifs» ouvrent tous ces systèmes.


Matériel et méthode


Le matériel se présente sous forme de rouleaux de 5 m de long, disponibles en trois couleurs : rouge, bleu et chair. Ces bandes sont déjà préétirées d'environ 10% sur leur support papier ce qui produit, après la pose, un effet ondulatoire. L'amélioration de la microcirculation (sanguine et lymphatique dans le tissu concerné) permet de soulager les douleurs et d'obtenir ainsi une amélioration fonctionnelle.

Les bandes sont en coton (97%) et la colle est un acrylate dont les propriétés d'adhérence augmentent avec la chaleur du corps et autorisent la pratique du sport et la fréquentation des douches, saunas, hammams et piscines.


Utilisation des couleurs


Si les propriétés mécaniques des bandes sont identiques quelle que soit la couleur utilisée, le rouge est généralement ressenti comme ayant un effet plutôt stimulant (rouge = chaleur) et s'utilise en pathologie chronique, tandis que le bleu, ressenti comme ayant un effet plutôt calmant, relaxant (bleu = froid), s'utilise en pathologie aiguë. La couleur chair est neutre.


Direction de pose des bandes


Si une bande est appliquée de l'origine du muscle vers sa terminaison (sens de la contraction musculaire), nous obtenons une augmentation du recrutement musculaire. Si, à l'inverse, la bande est posée de la terminaison du muscle vers son origine nous obtenons un effet relaxant avec une diminution significative du recrutement musculaire.

    "L'utilisation de bandages adhésifs élastiques colorés permet le contrôle et l'amélioration de la douleur et de la fonction chez les patients sportifs ou non"

    Techniques


    Selon le diagnostic et les objectifs thérapeutiques, on peut utiliser une technique musculaire, ligamentaire, de correction, aponévrotique, lymphatique ou neurale, ou com biner certaines d'entre elles. Les bandes sont découpées et étirées en fonction des besoins et de la technique choisie. Il faut arrondir le bout des bandes et éviter de mettre les doigts sur la colle car elles perdent alors jusqu'à 30% de leur adhérence.

    • Technique musculaire : la bande est posée sur un muscle en étirement maximal mais sans tension sur la bande. Le choix de la couleur et la direction de la pose des bandes sont fonction de l'objectif : recrutement (rouge : origine vers terminaison) ou relaxation (bleu : terminaison vers origine).
    • Technique articulaire : les ligaments sont positionnés en position raccourcie et les bandes sont posées en tension maximale, sauf aux extrémités.
    • Technique aponévrotique : les bandes sont placées en Y, perpendiculairement au plan des fascias.
    • Technique de correction : comme pour la technique ligamentaire, les bandes sont posées en tension maximale.
    • Technique lymphatique : les bandes sont posées en éventail depuis les ganglions lymphatiques vers l'extrémité distale du membre ou du segment de membre ; sans aucune tension des bandes.
    • Technique neurale : les bandes suivent le trajet des nerfs, du rachis vers l'extrémité distale du membre.
    • Technique combinée : selon l'indication, il est possible de combiner différentes techniques (par exemple : technique ligamentaire + technique musculaire + technique lymphatique pour une entorse de la cheville). Une technique de pose correcte est primordiale


    Conclusion

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    Diminuer ou supprimer la douleur chez nos patients, sportifs ou non, est un souci constant pour tout thérapeute. L'utilisation de tapes «classiques» rigides ou souples a toujours été d'un grand intérêt. La nouvelle approche par kinésiotaping, originaire du Japon, avec des bandes élastiques collantes colorées, autorise une autre approche dans le contrôle et l'amélioration de la douleur et de la fonction. Les bandes ont des propriétés proches de la peau (poids, épaisseur, élasticité) et vont influencer les fonctions articulaire, musculaire mais surtout circulatoire (veineuse, lymphatique) et les nocicepteurs (action neuro-proprioceptive). Différentes techniques (musculaire, ligamentaire, aponévrotique, lymphatique, neurale, de correction) peuvent être utilisées seules ou en association. Le choix des couleurs, de la direction des bandes, de leur tension est fonction des objectifs thérapeutiques.